par Vincenzo Cicchelli et Sylvie Octobre
Faut-il avoir peur de la globalisation culturelle ?

Les répertoires culturels s'internationalisent de manière croissante, la culture devenant sans doute l’un des éléments majeurs de la globalisation. De nombreux pamphlets se sont penchés sur ses effets négatifs : une homogénéisation au visage de l’américanisation. Mais fort peu de recherches ont tenté de considérer les effets de la globalisation culturelle en termes de cosmopolitisme esthético-culturel, c’est-à-dire de transformation des modes de réception et d’appropriation des nouveaux codes culturels internationaux. L’article s’appuie sur une enquête de terrain auprès de plus de 1 600 jeunes Français analysant leur consommation de biens culturels mondialisés et ses effets.

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par Jean-Marc Lauret
Droits culturels et citoyenneté

Les droits culturels font l’objet de nombreux débats dans les milieux professionnels et politiques (avec des échanges nourris lors de l’adoption du texte de la loi NOTRe) ainsi que dans la revue NECTART, à travers notamment la controverse opposant les articles de Mylène Bidault et d’Abraham Bengio (# 2). Cet article donne suite à ces débats en apportant un nouvel éclairage à partir d’une question centrale : comment créer le sentiment de l’appartenance à une communauté ? Il tente de produire une synthèse entre les deux principaux courants qui cherchent à répondre à cette question, le libéralisme politique et le national-républicanisme.

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par Anne gonon
Espaces de coworking, fab labs, tiers-lieux… Les « nouveaux territoires de l’art » ont-ils muté ?

Il y a plus de quinze ans, en juin 2001, Fabrice Lextrait rendait son rapport intitulé Friches, laboratoires, fabriques, squats, projets pluridisciplinaires : une nouvelle époque de l’action culturelle. Il y décrivait et analysait une trentaine de lieux alternatifs, pour la plupart implantés dans des friches, où s’inventait une nouvelle façon de faire art et culture. Alors que ces « nouveaux territoires de l’art » sont toujours très actifs dans le paysage culturel français, ils cherchent encore pour beaucoup les moyens et la reconnaissance permettant de pérenniser leur action. Parallèlement, on assiste à l’émergence d’une autre galaxie de lieux, dits « tiers-lieux collaboratifs » (espaces de coworking, fab labs, makerspaces, etc.), qui témoignent de l’influence majeure des technologies du numérique dans les processus de travail et de la popularisation des valeurs du monde du hacking. Ils interrogent les rapports entre création et créativité et bousculent à leur tour la notion de « territoires de l’art ».

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par Philippe Chantepie et Jean-Baptiste Soufron
La régulation des géants du Net : horizon ou mirage ?

Elles dominent le monde numérique. Elles rencontrent le succès auprès du public et des entreprises. Elles nous divertissent de musiques et vidéos, de textes parfois encore. Elles satisfont instantanément notre curiosité. Elles nous facilitent quotidiennement la vie. Elles embrassent et calculent nos sociabilités. Elles traduisent et valorisent nos réseaux professionnels. Elles concourent à nos relations amoureuses et nos conquêtes sexuelles. Elles guident nos pas et accompagnent nos déplacements. Elles dessinent nos désirs et anticipent nos besoins. Elles veillent déjà à notre sommeil et se soucient de notre santé… En à peine plus de dix ans, en misant sur l’innovation et sur le développement de nouveaux usages, les plates-formes numériques ont acquis vis-à-vis des hommes ce « pouvoir absolu » dont parlait Tocqueville. Elles ont pour elles l’innovation, l’agilité, la modernité, l’efficacité, l’utilité. Et depuis, avec une admirable constance, États, lois et droits paraissent absents, interdits, sidérés. Ils semblent sortir de leur torpeur ces derniers mois seulement, en raison de l’érosion de la base fiscale imposable, et entendent vouloir une « régulation des plates-formes ». Laquelle ? Lesquelles ? Dans quel but ? Pour en contrôler les usages ? Les acteurs ? Avec quelle vigueur ? Et à quel tempo ? Nul ne le sait, tandis que la domination libre des plates-formes travaille sans relâche à l’« ubérisation » de la société.

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par Laurent Chicoineau
Le Web est-il en train de réinventer la médiation culturelle ?

Laurent Chicoineau

Laurent Chicoineau

Laurent Chicoineau a débuté sa carrière dans le journalisme scientifique (Radio France). Depuis 2002, il est directeur du centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) de Grenoble, La Casemate. Il a initié en 1999 l’un des premiers espaces culture multimédia en France, ouvert le premier fablab grand public, et organisé la première « Grenoble Mini Maker Faire » en octobre 2015, qui a accueilli 8 800 visiteurs sur deux jours. Il a dirigé plusieurs expositions sur les enjeux sociétaux et culturels des technologies numériques, mené une dizaine de projets européens. Professeur associé de sciences de l’information et de la communication à l’université de Grenoble III de 2008 à 2014, il a été chargé en février 2014 par la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche d’une mission d’étude et de recommandations sur le partage des cultures scientifique, technique et industrielle à l’ère numérique.
Laurent Chicoineau

Les nouveaux dispositifs des communautés du Web (MuséoMix, Biblio Remix, GareMix…) ont-ils vocation à supplanter la forme traditionnelle de la...

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par Gigi Bigot
Quand les laissés-pour-compte deviennent des diseurs de contes…

Est-il bien raisonnable d’inventer des contes avec des personnes en grande pauvreté ou d’écrire des poèmes avec des chercheurs d’emploi alors qu’ils ont déjà tant de difficultés matérielles dans la vie réelle ? À partir de cette question, cet article essaie de montrer ce que le conte est censé apporter à ces personnes. Nous verrons comment le fait de sortir du témoignage bouscule la place de chacun, pauvres/non-pauvres, conteurs/auditeurs, en instituant un autre classement. Nous évaluerons comment, passant par l’imaginaire, les uns acquièrent la dignité de dire, et les autres une plus grande liberté d’écoute. Ce mensonge pour mieux dire la vérité bouleverse les rôles et, paradoxalement, joue un rôle de rassemblement. Cet article s’appuie sur l’expérience de deux ateliers avec des personnes en situation de précarité, expérience menée à Rennes par le mouvement ATD Quart Monde dont l’objectif est de dénoncer la misère.

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par Benoît Berthou
Bande dessinée et récit politique : pour un nouveau journalisme ?

De l’œuvre de Daumier à celle de Cabu, en passant par nombre d’autres travaux, dessin et politique font depuis longtemps bon ménage. Mais parmi toutes ces pratiques graphiques, la bande dessinée occupe une place à part. Caractéristique d’une modernité, l’intérêt pour le récit politique semble être le fait d’auteurs qui souhaitent s’ouvrir ou s’inspirer de pratiques graphiques (croquis, cartographies…) propres aux dessins proposés par la presse. En tant que telles, ces propositions semblent chercher à renouveler une image politique dont le statut (à l’instar de celui du photojournalisme) paraît aujourd’hui être des plus ambigus.

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