par Emily Lecourtois et Steven Hearn
Entrepreneuriat culturel : pour un nouvel imaginaire

Plus d’un an après le rapport sur l’entrepreneuriat culturel, force est de constater que la notion suscite encore beaucoup de débats en France. On y confond à dessein la structuration juridique et l’éthique. D’un côté, l’intérêt général attribué aux associations et coopératives ; de l’autre, l’inconséquence et la seule recherche de profit à l’entreprise commerciale. À l’aube de cette ère numérique, les choses sont plus nuancées et cette vision binaire masque les véritables enjeux. En premier lieu, de quelle économie parle-t-on ? Peut-on seulement l’aborder sous l’angle financier alors que tout l’enjeu est d’en mesurer la valeur (humaine, sociale, environnementale) ? Ensuite, où se place la responsabilité de l’entrepreneur et de l’acteur culturel ? N’y a-t-il pas nécessité de repenser les modèles, de s’adapter à une nouvelle économie et dans un monde en mutation ? Peut-on continuer de fonctionner en opposition, à l’heure où tout le monde ne parle que d’écosystème ? Quelles alternatives et quelles perspectives offre-t-on aux jeunes générations avec la captation et le tarissement des financements publics ? Que leur transmet-on ?

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par Philippe Henry
L’entrepreneuriat culturel : vers un nouveau modèle d’organisation

Rejeter la notion d’entrepreneuriat au prétexte qu’elle introduit une dimension par trop gestionnaire dans le domaine culturel ne tient plus, alors même que celui-ci a connu depuis un demi-siècle une professionnalisation accélérée. Faire comme si cet entrepreneuriat ne se démarquait qu’à la marge des formes qu’il prend dans d’autres secteurs ne résiste pas plus à l’analyse de ses spécificités socio-économiques. Une troisième perspective s’ouvre si l’on considère l’entrepreneuriat comme l’ensemble des conditions et des modalités sous lesquelles une intuition va se concrétiser dans une activité productive et créatrice de valeur, tout en permettant le développement d’une organisation qu’on voudrait pérenne. L’entrepreneuriat culturel apparaît alors comme spécifiquement constitué à la croisée d’une tension extrême entre une singularisation affirmée de la moindre de ses propositions et une interdépendance poussée des différents acteurs qui vont les valoriser. D’où un type particulier d’entrepreneuriat, où chaque organisation oscille sans cesse entre la recherche d’une notoriété propre et la nécessité de fortement coopérer avec les autres.

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Les droits culturels en débat
Liberté, égalité, droits culturels…

Les droits culturels font et ont toujours fait débat, ici comme ailleurs. Comment pourrait-il en être autrement alors qu’ils se trouvent au centre des discussions relatives au « vivre ensemble », et par là même intimement liés aux enjeux de domination et de pouvoir dans les sociétés ? C’est donc tout naturellement qu’ils trouvent leur place au sein des Droits de l’homme. Allant bien au-delà des seuls droits des minorités, ils se déclinent largement sur des thèmes essentiels touchant aux libertés de pensée et d’expression : libertés artistiques, académiques, linguistiques, religieuses, droit d’accès aux patrimoines, droits culturels des femmes, diversité des récits dans l’espace public… Oui, ils posent des questions difficiles. Oui, ils remettent en cause nos façons de faire. Mais loin de remettre en cause le paradigme de la démocratie culturelle, ils lui sont indispensables. Et il est urgent de les prendre au sérieux.

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Les droits culturels en débat
Pour une approche des droits culturels bien tempérée

L’irruption des droits culturels dans le débat sur les politiques publiques de la culture a représenté une bouffée d’air frais, peut-être même un véritable changement de paradigme. Au cœur de la réflexion, à l’avant-garde du combat, on s’attendait à trouver les artistes et les opérateurs culturels. Par un curieux paradoxe, ils en sont absents et tout se passe comme si les défenseurs des droits culturels se méfiaient d’eux et les tenaient pour responsables de l’échec de la démocratisation culturelle. Comme toujours, les torts sont partagés. Sous peine de voir les droits culturels n’accoucher que d’une gesticulation vide de sens et la création artistique s’épuiser en une stérile célébration de l’entre-soi, il est urgent de lever ce malentendu : on n’en finirait pas d’énumérer les chantiers passionnants qui naîtront de ce dialogue.


Bengio-Nectart par editionsattribut

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Quel droit d'auteur à l'heure numérique ?
Sortir de l’impasse la réforme du droit d’auteur.

Depuis plus de quinze ans, les gouvernements successifs se débattent avec la question du droit d’auteur, sans parvenir à trouver un arbitrage satisfaisant. Au niveau européen, le même sentiment d’impasse politique prédomine. Le récent rapport Reda a suscité un rejet des milieux culturels français, entérinant le fait que la réforme s’avère impossible en raison de leur lobbying.
Pour sortir de l’impasse, il importe avant tout de comprendre qu’une réforme du droit d’auteur dans le sens des usages n’entraînera pas nécessairement une fragilisation de la position des créateurs. Il est possible d’arriver à un nouvel équilibre satisfaisant entre la protection et l’ouverture. Par ailleurs, il est nécessaire de regarder en face la question du financement de la création à l’heure d’Internet, pour prendre conscience des défaillances du droit d’auteur en la matière et explorer de nouvelles solutions. Enfin, il est grand temps de sortir de la spirale répressive dans laquelle la législation s’enfonce en cherchant à lutter contre le « piratage » par des moyens inefficaces.

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Quel droit d'auteur à l'heure du numérique ?
Ne pas opposer le droit des auteurs et le droit des consommateurs.

En matière de droit d’auteur, il est un peu facile d’opposer les auteurs et les consommateurs en oubliant que certains opérateurs tirent profit du commerce des œuvres de l’esprit. Rappelons-le, la gratuité est un leurre et les freins à la libre circulation des œuvres ne proviennent pas des créateurs. Il est temps de balayer les idées reçues qui brouillent les relations entre auteurs et utilisateurs et de rappeler que les obstacles à l’accès aux œuvres numériques ne sont pas juridiques, mais bien techniques, commerciaux et industriels.
Le droit d’auteur est un outil suffisamment moderne et souple pour s’adapter aux spécificités du numérique, garantir le développement d’une création libre et de qualité, et favoriser l’accès de tous à la culture. Les légitimes questions qui se posent quant aux modalités de cette adaptation doivent faire l’objet d’une concertation entre tous les acteurs de la chaîne du livre, de l’auteur à l’utilisateur. Ce dialogue est la première condition d’une politique nationale et européenne équilibrée en matière de droit d’auteur, dans le respect de chacun.


Marie Sellier pour Nectart 2 par editionsattribut

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Une politique culturelle basée sur l’offre ou sur la demande ?
Le peuple prend le pouvoir sur le monde culturel !

L’histoire montre que le progrès des cultures et des arts est le fruit d’une dialectique où la transgression s’institutionnalise progressivement, une offre innovante devenant peu à peu une nouvelle tradition. Fondamentalement méfiante quant à la capacité du seul marché à garantir les conditions de la vitalité culturelle, la tradition centralisatrice et étatiste française consiste en un pilotage autoritaire de l’offre. Nous défendons néanmoins l’idée que les conditions profondément nouvelles de la création et de la diffusion permises par les outils numériques redonnent une certaine efficacité à la « main invisible » du marché en matière culturelle.

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Une politique culturelle basée sur l’offre ou sur la demande ?
L’offre artistique porte une ambition démocratique !

La politique culturelle de la France, fondée sur une offre essentiellement artistique, construite par des professionnels qualifiés mobilisant des artistes talentueux reconnus comme tels par leurs pairs et les experts, a toujours porté l’ambition démocratique d’un accès à la connaissance, à l’expérience esthétique, à l’émotion, au développement d’un imaginaire collectif à partir de références partagées par la plupart de ses habitants. Il est aujourd’hui de bon ton d’opposer à l’offre publique la main invisible d’un marché prétendument libertaire, promotrice de l’avènement d’une « demande » entretenue par les réseaux sociaux. Il s’agit avant tout de deux conceptions opposées de la démocratie.

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