par Fabrice Lextrait
Pour une politique culturelle transversale

Il est très difficile d’alimenter le discours sur la suppression du ministère de la Culture, souvent tenu par des extrêmes infréquentables. Il est cependant irresponsable de penser et de croire qu’il faut le conserver. C’est un reliquat d’un autre âge. Il est urgent d’interroger les formes possibles des politiques culturelles et artistiques dans le contexte actuel, en étant convaincus de l'intérêt de l’intervention des politiques publiques dans ce domaine.
Une vraie relance de la politique culturelle au niveau de l’État ne peut provenir que d’une politique transversale entre les grands domaines d’intervention, de l’Éducation aux Relations internationales en passant par l’Intérieur, les Affaires sociales… en fait, tous les ministères. Dans le but de révéler et de renforcer la dimension culturelle des politiques de l’État, et de leur donner une dimension artistique.

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par emmanuel ethis
Réinventer les conditions de l’invention. Un droit à l’expérience esthétique pour tous, racontable par chacun

Est-ce qu’un État peut encore inventer en matière culturelle ? Le 15 septembre 2016, 574 593 Italiens nés en 1998 se sont vu ouvrir la possibilité de recevoir 500 euros de bonus culturel. Cette mesure, selon laquelle « pour chaque euro investi dans la sécurité, il doit y avoir un euro en plus investi dans la culture », a été présentée comme exceptionnelle pour la jeunesse et pour son pays par le chef du gouvernement, Matteo Renzi. L’art constituant un lien patriotique en Italie, cette mesure traduisait l’espoir de voir toute une génération se construire et se reconstruire autour d’une identité nationale forgée dans l’espace d’une culture positive, commune et partagée…
Qu’en est-il en France ? Notre État peut-il prendre une mesure forte ? Pas si simple : tout dépend du politique en place, soumis à des pressions et des procès en légitimité « culturelle ». Mais au fond, comment les Français se représentent-ils la culture dans leur vie ? La réponse passe évidemment par l’éducation artistique et culturelle, qui peut et doit se réinventer comme un droit opposable pour former les publics de demain.

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par marie-christine bordeaux
Pour la généralisation de l’éducation artistique et culturelle… par les territoires

L’éducation artistique et culturelle est aujourd’hui, après plus de trente ans d’institutionnalisation et de développement, à l’âge de la maturité. Jusque-là, les priorités des politiques publiques portaient sur la manière de développer et de rendre accessibles au plus grand nombre d’élèves la rencontre avec l’art, la pratique artistique et l’appropriation des ressources culturelles. Aujourd’hui, l’enjeu est de poursuivre ce travail de démocratisation et de partage des démarches artistiques et culturelles, tout en mettant au premier plan la mise en place d’un service public de l’éducation artistique dans et avec les territoires.

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par hédi chenchabi
Les populations immigrées, ces grandes absentes de la politique culturelle !

Cette contribution analyse les politiques culturelles de la France dans leur approche des apports culturels des étrangers, ainsi que les pratiques concrètes des institutions. Elle retrace le cheminement des politiques publiques dans le champ des « cultures de l’immigration », des années 1970 à aujourd’hui, en particulier en matière de politique de la ville. Quelle a été la dimension réelle de l’action culturelle, de la diversité culturelle et de la création au sein de l’immigration et dans les quartiers populaires en France ? L’auteur aboutit à ce constat (sans appel) : la conception unificatrice de la République n’a pas contribué en France à une vision plurielle de la diversité.

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par Jean Caune
Culture administrée ? Art instrumentalisé !

L’art et la culture ne se recouvrent pas totalement. L’appréhension de leurs relations procède d’un point de vue dont la dimension idéologique est importante. La culture serait censée faire du commun ; l’art, lui, produirait la rupture. Leurs rapports ne sont de l’ordre ni de l’équivalence, ni de l’opposition. Or, les politiques culturelles dans leur diversité se sont déterminées à partir d’une conception implicite des rapports entre l’art et la culture. En visant prioritairement des œuvres inscrites dans des classements qui ordonnent et hiérarchisent, elles ont contribué à maintenir les ségrégations et les échelles normatives de valeur. Cet article vise à examiner les limites d’une diffusion de l’art comme moyen d’appropriation de la culture, ainsi que celles de la fonction critique de l’art, élément de transformation de la société et d’émancipation du sujet. Et se propose d’examiner ces questions à la lumière des thèmes de la diversité et des droits culturels.

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par Vincenzo Cicchelli et Sylvie Octobre
Faut-il avoir peur de la globalisation culturelle ?

Les répertoires culturels s'internationalisent de manière croissante, la culture devenant sans doute l’un des éléments majeurs de la globalisation. De nombreux pamphlets se sont penchés sur ses effets négatifs : une homogénéisation au visage de l’américanisation. Mais fort peu de recherches ont tenté de considérer les effets de la globalisation culturelle en termes de cosmopolitisme esthético-culturel, c’est-à-dire de transformation des modes de réception et d’appropriation des nouveaux codes culturels internationaux. L’article s’appuie sur une enquête de terrain auprès de plus de 1 600 jeunes Français analysant leur consommation de biens culturels mondialisés et ses effets.

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par Liliane Audet et Christelle Renoux
Les visites sensorielles, une autre façon d’appréhender l’art !

Au Québec, le musée d’art contemporain des Laurentides et la salle Alfred-Pellan de la Maison des arts de Laval ont mené des réflexions, en matière d'art contemporain, sur les approches de médiation les plus adaptées et le rôle du médiateur en fonction des contextes d’exposition. En 2015, elles se sont étendues au contexte international, à travers la Biennale de Venise. Cet article analyse les points de comparaison entre les expertises de médiation culturelle italienne et québécoise (interactions, partage de réflexions, etc.). Il s’attache à explorer le rôle du médiateur et la place du visiteur dans le cadre de ce grand événement de tourisme culturel. Comment les publics sont-ils accompagnés afin de favoriser leur expérience de groupe ? Y a-t-il des approches et des outils de médiation à privilégier pour répondre à leurs attentes ?

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par Emily Lecourtois et Steven Hearn
Entrepreneuriat culturel : pour un nouvel imaginaire

Plus d’un an après le rapport sur l’entrepreneuriat culturel, force est de constater que la notion suscite encore beaucoup de débats en France. On y confond à dessein la structuration juridique et l’éthique. D’un côté, l’intérêt général attribué aux associations et coopératives ; de l’autre, l’inconséquence et la seule recherche de profit à l’entreprise commerciale. À l’aube de cette ère numérique, les choses sont plus nuancées et cette vision binaire masque les véritables enjeux. En premier lieu, de quelle économie parle-t-on ? Peut-on seulement l’aborder sous l’angle financier alors que tout l’enjeu est d’en mesurer la valeur (humaine, sociale, environnementale) ? Ensuite, où se place la responsabilité de l’entrepreneur et de l’acteur culturel ? N’y a-t-il pas nécessité de repenser les modèles, de s’adapter à une nouvelle économie et dans un monde en mutation ? Peut-on continuer de fonctionner en opposition, à l’heure où tout le monde ne parle que d’écosystème ? Quelles alternatives et quelles perspectives offre-t-on aux jeunes générations avec la captation et le tarissement des financements publics ? Que leur transmet-on ?

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par Philippe Henry
L’entrepreneuriat culturel : vers un nouveau modèle d’organisation

Rejeter la notion d’entrepreneuriat au prétexte qu’elle introduit une dimension par trop gestionnaire dans le domaine culturel ne tient plus, alors même que celui-ci a connu depuis un demi-siècle une professionnalisation accélérée. Faire comme si cet entrepreneuriat ne se démarquait qu’à la marge des formes qu’il prend dans d’autres secteurs ne résiste pas plus à l’analyse de ses spécificités socio-économiques. Une troisième perspective s’ouvre si l’on considère l’entrepreneuriat comme l’ensemble des conditions et des modalités sous lesquelles une intuition va se concrétiser dans une activité productive et créatrice de valeur, tout en permettant le développement d’une organisation qu’on voudrait pérenne. L’entrepreneuriat culturel apparaît alors comme spécifiquement constitué à la croisée d’une tension extrême entre une singularisation affirmée de la moindre de ses propositions et une interdépendance poussée des différents acteurs qui vont les valoriser. D’où un type particulier d’entrepreneuriat, où chaque organisation oscille sans cesse entre la recherche d’une notoriété propre et la nécessité de fortement coopérer avec les autres.

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par Maria Lucia de Souza Barros Pupo
São Paulo : la ville qui expérimente l’art citoyen

Métropole de 11 millions d’habitants d’une grande diversité urbaine et sociale, São Paulo expérimente depuis une décennie une nouvelle politique culturelle afin de renforcer sa démocratie et de réduire les inégalités entre le centre-ville et sa périphérie. L’article montre comment ses deux principaux programmes d’aide aux compagnies de théâtre et de danse sont axés sur l’implication des citoyens dans la culture, dans la lignée du nouveau référentiel des droits culturels et de l’approche anthropologique de la politique culturelle par le Système national de culture du Brésil.

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par Mathieu Braunstein
Éducation populaire : Quelles formes prend-elle au XXIe siècle ?

Véritable serpent de mer, l’éducation populaire revient périodiquement dans le débat public. On est cependant frappé par la virulence de certains acteurs rencontrés sur le terrain et par leur refus de se revendiquer de mouvements dont ils sont pourtant souvent issus. L’histoire de l’éducation populaire est-elle méconnue des jeunes générations ? L’expression serait-elle devenue contre-productive, du moins dans le secteur de la culture ? Se revendiquer d’une utopie est-il devenu le moyen, aujourd’hui, de mettre en œuvre les valeurs de « faire ensemble » et d’émancipation portées par l’éducation populaire, sans pour autant s’enfermer dans une catégorie ? Plutôt qu’à l’affirmation de hiérarchies, l’heure semble au partage et à la construction collective des savoirs. Médiation, enseignement artistique et culturel, éducation à la nature, éducation permanente… Notre approche sera forcément empirique, avec quelques « coups de sonde » volontairement limités dans les champs d’action réaffirmés de l’éducation populaire.

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par Serge Tisseron
Les écrans : apprendre à s’en passer, apprendre à s’en servir

Éduquer aux écrans, et plus largement aux outils numériques, c’est à la fois apprendre à s’en servir et apprendre à s’en passer. C’est dans ce double but que Serge Tisseron en 2008 les balises 3-6-9-12, calées sur quatre âges essentiels dans le développement de l’enfant : 3, 6, 9 et 12 ans. Mais introduire les écrans au bon moment et de la bonne manière ne suffit pas. Pour que les outils numériques deviennent des supports de création et de socialisation et qu’ils participent à l’appropriation d’un discours personnel sur soi-même et sur le monde, il est essentiel d’encourager les productions numériques des jeunes, et de les amener à réfléchir sur leurs productions respectives afin qu’ils prennent en compte leurs différences et développent les diverses dimensions de l’empathie.

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par Joëlle Zask
De la démocratisation à la démocratie culturelle

La « culture » implique de cultiver, culturer, faire pousser, grandir. Or, l’individu ne « pousse » pas s’il n’est pas « cultivé » par son environnement et s’il ne participe pas activement à sa « croissance ». La culture est donc une question de relation, et même d’interaction, entre l’individuel et le social. Elle est vivante (Malinowski), vraie (Sapir) ou démocratique, commune et partagée (Dewey) si elle assure la réciprocité entre le développement de l’individualité et celui de la vie commune. Cette conception de la culture fausse la route à d’autres notions que nous écarterons, non seulement parce qu’elles sont inexactes et unilatérales, mais aussi parce qu’elles débouchent sur des politiques culturelles boiteuses, fondamentalement anti- ou non démocratiques.

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Vers un Grand Paris créole ?
Quelle métropole culturelle demain pour le Grand Paris ? Créative, inclusive, cosmopolite ?

L’article explore les pistes de l’interculturalité pour le Grand Paris. Il insiste sur l’importance de la culture dans les dynamiques de créativité et d’inclusion au sein d’une métropole diverse et éclatée transformée en plate-forme d’innovation ouverte. Face aux réflexions qui mettent surtout en avant la structuration de l’offre culturelle, il propose une approche du Grand Paris qui dépasse les bornes des institutions, du périphérique et du jour. Il invite à une créolisation, à un cosmopolitisme apaisé qui mette en contact des populations d’origines diverses, favorise la créativité et la production d’une identité toujours en mouvement.


Luc Gwiazdzinski présente Vers un Grand Paris... par editionsattribut

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Entre rééducation des artistes et développement effréné, où va a culture en Chine?
Comment comprendre, dans le contexte actuel, la volonté du président chinois d’envoyer les artistes au contact des masses chaque année pour mieux servir les valeurs socialistes ?

Le président chinois a frappé les esprits en décembre 2014 en dénonçant la vulgarité du monde de l’art chinois et en proposant que les artistes soient « envoyés à la campagne vivre au contact des masses » afin d’y « acquérir un point de vue correct sur l’art ». Comment comprendre cette annonce alors que la grande puissance économique qu’est devenue la Chine semble à des années-lumière de la Révolution culturelle ? Cet article se propose de présenter la politique culturelle de la Chine et de replacer cette déclaration dans le contexte politique, économique et idéologique actuel.

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Education artistique et culturelle au piège de la généralisation
Objectif ambitieux, la généralisation de l’EAC n’est-elle pas illusoire faute de moyens humains, budgétaires, politiques…?

Depuis une quarantaine d’années, l’éducation artistique et culturelle a connu un long cheminement semé d’embûches, jusqu’à devenir aujourd’hui l’une des priorités des politiques publiques. Des réussites sont à noter : les PAE, les PACTE, les ateliers de pratique artistique, les jumelages entre établissements scolaires et culturels, les classes à PAC, les parcours culturels… Mais l’objectif aujourd’hui affiché de la généralisation, a priori alléchant, peut au final être contre-productif si cette ambition n’est pas accompagnée de moyens humains, budgétaires, sociologiques, politiques. La consolidation de l’existant et la mise en place d’un véritable plan de formation seraient à la fois plus réalistes et plus pertinentes.


Jean-Gabriel Carasso pour Nectart #2 par editionsattribut

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La culture fait-elle encore exception sous le libéralisme triomphant ?
Le modèle public de la culture se meurt-il ? Le soutien aux artistes, la régulation et l’émancipation sont-ils encore les objectifs de l’action publique culturelle ?

La question des politiques culturelles est à la croisée des chemins face à l’avancée impériale d’un libéralisme sans rivages. Celui-ci se fonde sur le postulat selon lequel la culture relèverait du libre choix de chacun, le marché étant en mesure de s’adapter aux attentes du public. La valeur d’un projet culturel se mesure désormais en équations comptables. Cette absorption du culturel par le spéculatif, cet impératif catégorique de la compétitivité et de la productivité dans l’ordre de la création ont pour effet de détricoter le tissu culturel mis en place pendant la période de l’État-providence. D'où un certain nombre d'interrogations : le modèle public de la culture à la française se meurt-il ? Les impératifs de gestion et d'économie énoncés par les élus ne deviennent-ils pas les principaux critères de l’intervention publique ?

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Lettre sur l'éducation aux Princes d'aujourd'hui
Comment éclairer les Princes d’aujourd’hui, leur faire comprendre la nécessité de l’éducation esthétique pour asseoir la démocratie et la citoyenneté ?

En 1795, le dramaturge, poète et philosophe Friedrich von Schiller adressait au duc Chrétien-Frédéric de Holstein-Augustenbourg ses Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme. Elles inscrivaient la nécessité de l’art et de l’esthétique au cœur de l’humanisme à l’âge démocratique. La beauté, déclarait-il, est le chemin de la liberté ; si vous voulez que règne la liberté, vous devez suivre la voie esthétique ; celle du théâtre, celle des beaux-arts. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le message de Schiller demeure d’une grande actualité : une nouvelle et nécessaire étape de la démocratisation dans le domaine de l’art et de la culture passe par l’accès de tous à l’expérience esthétique, comme expérience humaine fondamentale et fondatrice. En se référant à la conception de l’expérience esthétique développée par John Dewey et en appui sur l’analyse du travail et de l’apport des artistes engagés dans la tâche éducative, cet article s’efforce de relancer le geste de Schiller et d’en montrer l’actualité.


Alain Kerlan pour Nectart#2 par editionsattribut

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Les droits culturels en débat
Liberté, égalité, droits culturels…

Les droits culturels font et ont toujours fait débat, ici comme ailleurs. Comment pourrait-il en être autrement alors qu’ils se trouvent au centre des discussions relatives au « vivre ensemble », et par là même intimement liés aux enjeux de domination et de pouvoir dans les sociétés ? C’est donc tout naturellement qu’ils trouvent leur place au sein des Droits de l’homme. Allant bien au-delà des seuls droits des minorités, ils se déclinent largement sur des thèmes essentiels touchant aux libertés de pensée et d’expression : libertés artistiques, académiques, linguistiques, religieuses, droit d’accès aux patrimoines, droits culturels des femmes, diversité des récits dans l’espace public… Oui, ils posent des questions difficiles. Oui, ils remettent en cause nos façons de faire. Mais loin de remettre en cause le paradigme de la démocratie culturelle, ils lui sont indispensables. Et il est urgent de les prendre au sérieux.

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Les droits culturels en débat
Pour une approche des droits culturels bien tempérée

L’irruption des droits culturels dans le débat sur les politiques publiques de la culture a représenté une bouffée d’air frais, peut-être même un véritable changement de paradigme. Au cœur de la réflexion, à l’avant-garde du combat, on s’attendait à trouver les artistes et les opérateurs culturels. Par un curieux paradoxe, ils en sont absents et tout se passe comme si les défenseurs des droits culturels se méfiaient d’eux et les tenaient pour responsables de l’échec de la démocratisation culturelle. Comme toujours, les torts sont partagés. Sous peine de voir les droits culturels n’accoucher que d’une gesticulation vide de sens et la création artistique s’épuiser en une stérile célébration de l’entre-soi, il est urgent de lever ce malentendu : on n’en finirait pas d’énumérer les chantiers passionnants qui naîtront de ce dialogue.


Bengio-Nectart par editionsattribut

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Musées : Chine, Amérique, Europe, un enjeu de compétition mondiale ?
Musées : du marketing urbain à la démarche participative ?

On assiste, depuis l’avènement du centre Pompidou et surtout l’ouverture du musée Guggenheim à Bilbao, à une globalisation du modèle de musée. De Pékin à Lyon en passant par Abu Dhabi, quelles que soient les thématiques abordées, le musée est d’abord une œuvre d’art contemporaine, un élément du marketing urbain conçu par un architecte star en capacité de revitaliser une ville ou de conforter sa place dans la compétition touristique et économique mondiale que se livrent les métropoles. Dès lors, que reste-t-il du projet scientifique et des collections, puis de l’ancrage territorial du musée auprès des citoyens ?

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Musées : Chine, Amérique, Europe, un enjeu de compétition mondiale ?
Les musées, instruments des pouvoirs

En Chine, en Asie du Sud-Est et dans le monde anglo-saxon, le musée connaît de profondes mutations qui ont peu à voir les unes avec les autres. Avec toutefois comme point commun celui d’être un enjeu crucial pour les pouvoirs. En Chine, l’explosion des projets et des chantiers à nulle autre pareille est au service du développement urbain et surtout du leadership de puissance mondiale. Singapour et Hong Kong cherchent à développer leur propre identité. Dans le monde anglo-saxon, il existe deux modèles de développement des musées. Celui, privé, des États-Unis, qui fonctionne grâce aux financements des donateurs, très présents dans la gouvernance des institutions. Et le musée de service public dans le reste de l’espace anglo-saxon. Or, c’est précisément dans les musées britanniques, canadiens, australiens et néo-zélandais que s’opère cette mutation fondamentale.

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Une politique culturelle basée sur l’offre ou sur la demande ?
Le peuple prend le pouvoir sur le monde culturel !

L’histoire montre que le progrès des cultures et des arts est le fruit d’une dialectique où la transgression s’institutionnalise progressivement, une offre innovante devenant peu à peu une nouvelle tradition. Fondamentalement méfiante quant à la capacité du seul marché à garantir les conditions de la vitalité culturelle, la tradition centralisatrice et étatiste française consiste en un pilotage autoritaire de l’offre. Nous défendons néanmoins l’idée que les conditions profondément nouvelles de la création et de la diffusion permises par les outils numériques redonnent une certaine efficacité à la « main invisible » du marché en matière culturelle.

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Une politique culturelle basée sur l’offre ou sur la demande ?
L’offre artistique porte une ambition démocratique !

La politique culturelle de la France, fondée sur une offre essentiellement artistique, construite par des professionnels qualifiés mobilisant des artistes talentueux reconnus comme tels par leurs pairs et les experts, a toujours porté l’ambition démocratique d’un accès à la connaissance, à l’expérience esthétique, à l’émotion, au développement d’un imaginaire collectif à partir de références partagées par la plupart de ses habitants. Il est aujourd’hui de bon ton d’opposer à l’offre publique la main invisible d’un marché prétendument libertaire, promotrice de l’avènement d’une « demande » entretenue par les réseaux sociaux. Il s’agit avant tout de deux conceptions opposées de la démocratie.

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Réforme territoriale : le paysage culturel bouleversé ?
Avis de turbulences pour les politiques culturelles territoriales

Longtemps dominé par le duopole de la ville et de l’État, le domaine culturel voit deux acteurs majeurs monter au premier plan : la métropole et la région, qui ne tarderont pas à revendiquer de nouvelles compétences. L’affaiblissement du rôle régulateur et compensateur de l’État en découle déjà. Si l’on ajoute aux effets conjugués de la pénurie budgétaire et de la refonte des territoires la panne d’inspiration qui semble affecter le ministère de la Culture, les chances sont minces de relancer la dynamique des politiques publiques. À moins que la société civile ne s’en mêle et que l’administration centrale ne propose une méthode de coopération, des solutions contractuelles et des principes d’arbitrage à ses partenaires…

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