par Serge Tisseron
Le robot : ceci n’est pas un humain !

Les fabricants de robots s’emploient à nous en persuader : les robots tendent à devenir des humains. Leur apparence et le langage avec lequel nous en parlons, jusqu’à l’expression de « personne électronique » proposée par le Parlement européen, essaient de gommer toute différence homme-machine. Ce qui est un leurre et pose un certain nombre de questions éthiques. Et impose d’indispensables mesures de prévention.

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par Divina Frau Meigs
Les youtubeurs : les nouveaux influenceurs !

En une petite décennie, le phénomène YouTube est devenu planétaire et a engendré une génération de nouveaux prescripteurs culturels : les youtubeurs ou, pour le livre, les booktubeurs. Si certains se prévalent de plusieurs millions d’abonnés et parviennent parfois à en vivre, ils sont surtout caractéristiques des évolutions des usages et de l’économie numérique : interactifs, participatifs, collaboratifs, contributifs, influenceurs… Et si nous étions devant une nouvelle forme de démocratisation de la culture ?

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par Bertrand Naivin
Le numérique a-t-il déjà modifié notre être ?

Nous passons notre existence devant des écrans. Mais de notre smartphone à notre ordinateur, ceux-ci ne nous laissent pas passifs comme pouvait le faire la vitre de notre téléviseur. D’un simple glissement du doigt, nous pouvons à présent faire nos courses, échanger avec nos proches, nous engager dans une cause, participer à des débats publics, nous exprimer sur ce qui nous bouleverse ou nous choque, manœuvrer à distance toutes sortes d’objets… De sorte que l’existence s’est muée en une « tech-sistence ». La technologie nous accompagne en effet dans chacun de nos gestes, chacune de nos actions, à tel point que nous ne savons plus vivre les événements (intimes ou publics, modestes ou grandioses) sans ressentir la nécessité de les enregistrer et de les « poster » sur les réseaux sociaux, de les envoyer par mail ou MMS. Nous agissons, voyons et pensons via notre smartphone. Mais si ces nouveaux « médiatisants ouverts » que sont nos téléphones intelligents nous permettent ainsi de rendre toujours plus efficaces et plus rapides nos tâches et relations, ils contrarient notre être-là par un être-ailleurs, et inaugurent un ethos-cabine : la volonté de participer au monde tout en restant à l’abri derrière la vitre de son mobile. De sorte que si nous « surfons » sur Internet tout en dînant en famille, où sommes-nous vraiment ?

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par Emmanuel Vergès
Ubérisation de la société ? Replaçons le politique au cœur de nos usages numériques !

Les outils numériques – ordinateur, smartphone, Web, Internet… – changent nos manières de s’exprimer et de diffuser nos cultures, nos créations, nos émotions, modifient la façon de stocker et d’archiver les informations et les savoirs. Un nouvel outil de production informationnel transforme notre manière de fabriquer et de voir le monde. Toutefois, ces outils ne sont pas seulement des outils. Ils ne sont pas culturellement neutres. Ils ont été créés à partir d’idéaux et de croyances comme des moyens de « changer le monde ». Mais vers quel monde nous conduisent-ils ? Nous avons besoin de choisir la manière dont nous voulons les utiliser pour aller vers l’inconnu, « faire culture » ensemble et élaborer notre « pouvoir d’agir ». Nous avons le choix de ne pas laisser s’évaporer notre culture dans les nuages.

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par Hervé platel
L’étude du cerveau nous aide-t-elle à mieux comprendre l’impact de l’art sur nos vies ?

L’étude scientifique du cerveau et l’intérêt pour les activités artistiques en neurosciences sont tout à fait récents, et sont issus en particulier de la possibilité de visualiser le fonctionnement cérébral chez des sujets sains par les techniques de neuro-imagerie au cours des années 1990. Dans un premier temps, les artistes ont fait preuve d’une grande méfiance vis-à-vis de ce que pouvaient dire ou essayer d’expliciter les neurosciences concernant les processus de créativité ou de jugement esthétique. Aujourd’hui, un mouvement d’intérêt, voire un engouement parfois immodéré s’opèrent de la part des pédagogues et enseignants en art et des intervenants en art-thérapie, ce phénomène étant particulièrement remarquable en ce qui concerne la musique. Ainsi, les résultats des neurosciences cognitives sont fortement relayés dans le grand public pour leurs applications dans les domaines de la santé et de l’éducation. Et si l’art était indispensable pour notre cerveau ?

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par Philippe Chantepie et Jean-Baptiste Soufron
La régulation des géants du Net : horizon ou mirage ?

Elles dominent le monde numérique. Elles rencontrent le succès auprès du public et des entreprises. Elles nous divertissent de musiques et vidéos, de textes parfois encore. Elles satisfont instantanément notre curiosité. Elles nous facilitent quotidiennement la vie. Elles embrassent et calculent nos sociabilités. Elles traduisent et valorisent nos réseaux professionnels. Elles concourent à nos relations amoureuses et nos conquêtes sexuelles. Elles guident nos pas et accompagnent nos déplacements. Elles dessinent nos désirs et anticipent nos besoins. Elles veillent déjà à notre sommeil et se soucient de notre santé… En à peine plus de dix ans, en misant sur l’innovation et sur le développement de nouveaux usages, les plates-formes numériques ont acquis vis-à-vis des hommes ce « pouvoir absolu » dont parlait Tocqueville. Elles ont pour elles l’innovation, l’agilité, la modernité, l’efficacité, l’utilité. Et depuis, avec une admirable constance, États, lois et droits paraissent absents, interdits, sidérés. Ils semblent sortir de leur torpeur ces derniers mois seulement, en raison de l’érosion de la base fiscale imposable, et entendent vouloir une « régulation des plates-formes ». Laquelle ? Lesquelles ? Dans quel but ? Pour en contrôler les usages ? Les acteurs ? Avec quelle vigueur ? Et à quel tempo ? Nul ne le sait, tandis que la domination libre des plates-formes travaille sans relâche à l’« ubérisation » de la société.

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par Laurent Chicoineau
Le Web est-il en train de réinventer la médiation culturelle ?

Laurent Chicoineau

Laurent Chicoineau

Laurent Chicoineau a débuté sa carrière dans le journalisme scientifique (Radio France). Depuis 2002, il est directeur du centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) de Grenoble, La Casemate. Il a initié en 1999 l’un des premiers espaces culture multimédia en France, ouvert le premier fablab grand public, et organisé la première « Grenoble Mini Maker Faire » en octobre 2015, qui a accueilli 8 800 visiteurs sur deux jours. Il a dirigé plusieurs expositions sur les enjeux sociétaux et culturels des technologies numériques, mené une dizaine de projets européens. Professeur associé de sciences de l’information et de la communication à l’université de Grenoble III de 2008 à 2014, il a été chargé en février 2014 par la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche d’une mission d’étude et de recommandations sur le partage des cultures scientifique, technique et industrielle à l’ère numérique.
Laurent Chicoineau

Les nouveaux dispositifs des communautés du Web (MuséoMix, Biblio Remix, GareMix…) ont-ils vocation à supplanter la forme traditionnelle de la...

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par Laurence Allard
Dans quel monde voulons-nous être connectés ? Transhumanisme vs companionism

Cet article pose les enjeux anthropologiques du big data et du connected everything, qui renvoient in fine à l’idéologie transhumaniste. L’extension de la connexion des réseaux de communication informatisés à des non-humains est, pour certains, la promesse d’une mutation de l’humain pour la transhumanité. Il faut pourtant rappeler que l’idéologie transhumaniste est fondée sur une anthropologie compétitive stérile entre humains et non-humains, idéologie qui vient naturaliser le cyborg, une figure conçue comme émancipatrice lors de la sortie du Manifeste cyborg de Donna Haraway en 1985. En fait, dans quel monde voulons-nous être connectés ? Une forme de réponse nécessite de statuer dès à présent sur la relation qui nous lie aux entités connectées avec lesquelles nous partageons nos existences. Le companionism de Donna Haraway nous inspire la possibilité de penser une « biosocialité connectée ». Pour illustrer cette approche expérimentaliste, sont développés des exemples d’usages des capteurs, des données et de la connexion au profit de l’intérêt général.

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LA FINANCIACIÓN PARTICIPATIVA, ¿UNA ALTERNATIVA DE POLÍTICA CULTURAL? UNA REFLEXIÓN A LA LUZ DE LA EXPERIENCIA ESPAÑOLA

El crowdfunding o financiación participativa se ha puesto de moda entre muchos operadores culturales en busca de recursos, mientras que es percibido de forma ambivalente por los responsables públicos. ¿Es solo un elefante blanco o una alternativa creíble, complementaria al apoyo público y a los ingresos procedentes del mercado? La experiencia española, en buena parte trasladable a Francia, nos permite estudiar las estrategias de los promotores que han utilizado Verkami, la plataforma de crowdfunding de recompensa más exitosa, para lanzar sus proyectos. La eclosión de este fenómeno cuestiona los objetivos y mecanismos gubernamentales tradicionales de apoyo al sector cultural. Las administraciones públicas se debaten entre regular, apoyar o hasta desincentivar el desarrollo de la financiación participativa en un momento de desintermediación y empoderamiento social creciente.

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Quel droit d'auteur à l'heure numérique ?
Sortir de l’impasse la réforme du droit d’auteur.

Depuis plus de quinze ans, les gouvernements successifs se débattent avec la question du droit d’auteur, sans parvenir à trouver un arbitrage satisfaisant. Au niveau européen, le même sentiment d’impasse politique prédomine. Le récent rapport Reda a suscité un rejet des milieux culturels français, entérinant le fait que la réforme s’avère impossible en raison de leur lobbying.
Pour sortir de l’impasse, il importe avant tout de comprendre qu’une réforme du droit d’auteur dans le sens des usages n’entraînera pas nécessairement une fragilisation de la position des créateurs. Il est possible d’arriver à un nouvel équilibre satisfaisant entre la protection et l’ouverture. Par ailleurs, il est nécessaire de regarder en face la question du financement de la création à l’heure d’Internet, pour prendre conscience des défaillances du droit d’auteur en la matière et explorer de nouvelles solutions. Enfin, il est grand temps de sortir de la spirale répressive dans laquelle la législation s’enfonce en cherchant à lutter contre le « piratage » par des moyens inefficaces.

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Quel droit d'auteur à l'heure du numérique ?
Ne pas opposer le droit des auteurs et le droit des consommateurs.

En matière de droit d’auteur, il est un peu facile d’opposer les auteurs et les consommateurs en oubliant que certains opérateurs tirent profit du commerce des œuvres de l’esprit. Rappelons-le, la gratuité est un leurre et les freins à la libre circulation des œuvres ne proviennent pas des créateurs. Il est temps de balayer les idées reçues qui brouillent les relations entre auteurs et utilisateurs et de rappeler que les obstacles à l’accès aux œuvres numériques ne sont pas juridiques, mais bien techniques, commerciaux et industriels.
Le droit d’auteur est un outil suffisamment moderne et souple pour s’adapter aux spécificités du numérique, garantir le développement d’une création libre et de qualité, et favoriser l’accès de tous à la culture. Les légitimes questions qui se posent quant aux modalités de cette adaptation doivent faire l’objet d’une concertation entre tous les acteurs de la chaîne du livre, de l’auteur à l’utilisateur. Ce dialogue est la première condition d’une politique nationale et européenne équilibrée en matière de droit d’auteur, dans le respect de chacun.


Marie Sellier pour Nectart 2 par editionsattribut

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Le financement participatif, une alternative à la politique culturelle ?
Que nous disent les données d’une enquête menée en Espagne sur le crowdfunding : changement de paradigme dans le financement culturel ou épiphénomène ?

Le crowdfunding (ou financement participatif) est devenu une pratique courante chez les opérateurs culturels à la recherche de financements. Est-ce un éléphant blanc ou une alternative crédible, complémentaire de l’aide publique ainsi que des ressources privées ? L’expérience espagnole, en grande partie possible en France, nous permet d’étudier les stratégies des promoteurs qui ont utilisé Verkami, la plate-forme la plus célèbre de crowdfunding, pour lancer leurs projets. L’éclosion de ce phénomène questionne les objectifs et les mécanismes de l’aide publique traditionnelle. Les responsables publiques ont une perception ambivalente du phénomène. Certains cherchent à l’aider ou à le réguler, d’autres vont même jusqu’à le décourager, dans une période propice à la désintermédiation et à l’empowerment.

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Le net va-t-il avoir des intermédiaires ?
Le monde sans intermédiaires privilégiant les relations directes entre les créateurs et les internautes consommateurs prédit à Internet il y a une vingtaine d’années se réalise-t-il ?

Dans les années 1990, la révolution numérique – et singulièrement Internet – était considérée comme porteuse d’un monde sans intermédiaires privilégiant les relations directes entre les créateurs et les internautes consommateurs. Cette désintermédiation s’est-elle matérialisée ou n’est-elle restée qu’un mythe ? Dans ce dernier cas, les intermédiaires traditionnels sont-ils menacés par de nouveaux acteurs ? Dans le domaine de l’édition, la facilité avec laquelle les auteurs peuvent publier directement leurs livres sur Internet représente-t-elle une réelle menace pour les éditeurs traditionnels ? L’explosion des blogs, des réseaux sociaux et des plates-formes de diffusion et de distribution des géants du Net – les Gafa : Google, Apple, Facebook, Amazon) – remet-elle en cause les sources de prescription traditionnelles ? Est-elle synonyme d’une plus forte diversité culturelle en garantissant la promotion de produits culturels dits « de niche » ?

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Netflix, Deezer, Spotify, Amazon... sont-ils en train de bouleverser notre relation à la musique, au cinéma et aux livres ?
L’accès illimité ou l’impossession culturelle ?

Unlimited ! Débits, appels, métro, vélo, piscine, remontées mécaniques, SMS, trains, yoga, musique, cinéma en salle et en ligne, théâtre, et puis… tout. Souvenirs de bibliothèques : l’accès… mais sans gratuité et sans public. Livres, musique, films, jeux…, ces biens durables ne font plus capital, accumulé, valorisé… culturel. Ils sont usus, possession en location, droits d’accès, à l’abonnement, au forfait illimité. Le régime économique du numérique n’est pas seulement une grande déflation dont le forfait illimité est le signe. Son marketing de satiété dénote l’appétit culturel autant que la désaffection culturelle.

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Le livre numérique peut-il supplanter le livre papier ?
Le livre va-t-il lui aussi basculer dans un nouveau modèle ?

Contrairement aux États-Unis où il atteint 30 % du marché du livre, le livre numérique peine à décoller dans notre pays, atteignant en 2015 une part de 4 % environ. Pourtant, de nombreuses interrogations entourent l’avènement du numérique : Va-t-on subir une chute du chiffre d’affaires, à l’instar de ce qui s’est produit dans d’autres secteurs culturels ? Les libraires pourront-ils résister au grignotage d’une part de leur marché, alors que leur marge est déjà dérisoire ? Va-t-on vers une disruption des chaînes de valeur, qui se traduirait par la disparition de certains maillons, le brouillage des frontières entre les fonctions (création-diffusion-consommation), et des stratégies de désintermédiation ?

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