par Philippe Henry
L’entrepreneuriat culturel : vers un nouveau modèle d’organisation

Rejeter la notion d’entrepreneuriat au prétexte qu’elle introduit une dimension par trop gestionnaire dans le domaine culturel ne tient plus, alors même que celui-ci a connu depuis un demi-siècle une professionnalisation accélérée. Faire comme si cet entrepreneuriat ne se démarquait qu’à la marge des formes qu’il prend dans d’autres secteurs ne résiste pas plus à l’analyse de ses spécificités socio-économiques. Une troisième perspective s’ouvre si l’on considère l’entrepreneuriat comme l’ensemble des conditions et des modalités sous lesquelles une intuition va se concrétiser dans une activité productive et créatrice de valeur, tout en permettant le développement d’une organisation qu’on voudrait pérenne. L’entrepreneuriat culturel apparaît alors comme spécifiquement constitué à la croisée d’une tension extrême entre une singularisation affirmée de la moindre de ses propositions et une interdépendance poussée des différents acteurs qui vont les valoriser. D’où un type particulier d’entrepreneuriat, où chaque organisation oscille sans cesse entre la recherche d’une notoriété propre et la nécessité de fortement coopérer avec les autres.

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