La culture fait-elle encore exception sous le libéralisme triomphant ?
Le modèle public de la culture se meurt-il ? Le soutien aux artistes, la régulation et l’émancipation sont-ils encore les objectifs de l’action publique culturelle ?

La question des politiques culturelles est à la croisée des chemins face à l’avancée impériale d’un libéralisme sans rivages. Celui-ci se fonde sur le postulat selon lequel la culture relèverait du libre choix de chacun, le marché étant en mesure de s’adapter aux attentes du public. La valeur d’un projet culturel se mesure désormais en équations comptables. Cette absorption du culturel par le spéculatif, cet impératif catégorique de la compétitivité et de la productivité dans l’ordre de la création ont pour effet de détricoter le tissu culturel mis en place pendant la période de l’État-providence. D'où un certain nombre d'interrogations : le modèle public de la culture à la française se meurt-il ? Les impératifs de gestion et d'économie énoncés par les élus ne deviennent-ils pas les principaux critères de l’intervention publique ?

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Les droits culturels en débat
Pour une approche des droits culturels bien tempérée

L’irruption des droits culturels dans le débat sur les politiques publiques de la culture a représenté une bouffée d’air frais, peut-être même un véritable changement de paradigme. Au cœur de la réflexion, à l’avant-garde du combat, on s’attendait à trouver les artistes et les opérateurs culturels. Par un curieux paradoxe, ils en sont absents et tout se passe comme si les défenseurs des droits culturels se méfiaient d’eux et les tenaient pour responsables de l’échec de la démocratisation culturelle. Comme toujours, les torts sont partagés. Sous peine de voir les droits culturels n’accoucher que d’une gesticulation vide de sens et la création artistique s’épuiser en une stérile célébration de l’entre-soi, il est urgent de lever ce malentendu : on n’en finirait pas d’énumérer les chantiers passionnants qui naîtront de ce dialogue.


Bengio-Nectart par editionsattribut

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Une politique culturelle basée sur l’offre ou sur la demande ?
L’offre artistique porte une ambition démocratique !

La politique culturelle de la France, fondée sur une offre essentiellement artistique, construite par des professionnels qualifiés mobilisant des artistes talentueux reconnus comme tels par leurs pairs et les experts, a toujours porté l’ambition démocratique d’un accès à la connaissance, à l’expérience esthétique, à l’émotion, au développement d’un imaginaire collectif à partir de références partagées par la plupart de ses habitants. Il est aujourd’hui de bon ton d’opposer à l’offre publique la main invisible d’un marché prétendument libertaire, promotrice de l’avènement d’une « demande » entretenue par les réseaux sociaux. Il s’agit avant tout de deux conceptions opposées de la démocratie.

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