par alix de morant
Et si on dansait en ville ?

Débordant le contexte festivalier et les grands défilés si populaires auprès du public de la Biennale de Lyon, la danse investit le cœur des villes au fil des saisons et des jours. Ce nouvel engouement n’est pas seulement la résultante du développement des arts dans l’espace public. Il vaut mieux imputer ce phénomène au renouveau du bal, « lifté » par le Bal moderne ou érotisé sauce milonga, comme à la recrudescence des pratiques amateurs. De l’extrême diversité des danses urbaines, qui du krump au passinho ont été rendues virales grâce aux tutoriels diffusés sur YouTube, aux grands spectacles participatifs, la danse comme art et comme activité semble à la portée de chacun, si on veut bien entrer dans la ronde. Il suffit parfois d’un geste emblématique, comme celui de Nadia Vadori-Gauthier (Une minute de danse par jour), pour s’adresser à toute une communauté. Elle n’est pas la seule à descendre dans la rue afin d’y laisser son empreinte. Si elle réagit aux blessures du temps avec sa danse pour seule arme, d’autres chorégraphes tentent également d’opposer des corps vibrants au démantèlement du corps social. Et le corps, dans l’espace urbain, se place à l’endroit du politique.

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L’art dans l’espace public est-il devenu trop sage ?
La ville a-t-elle définitivement dompté ses artistes urbains ?

Arts de la rue, Nuit blanche, parcours de street art et murs ouverts… Jamais l’art dans l’espace public, sous toutes ses formes, n’a autant eu la cote. À l’heure de la « ludification » des villes, les aménageurs intègrent de plus en plus en amont la possibilité de l’intervention artistique, anticipant les détournements et usages biaisés qui caractérisent les modalités d’action des artistes. Et les politiques publiques induisent tout autant une reconnaissance bienvenue qu’un cadrage des pratiques et une hiérarchie de jugement. Dans un tel contexte en mutation rapide, l’art hors les murs parvient-il à conserver une puissance subversive ?

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