par emmanuel ethis
Réinventer les conditions de l’invention. Un droit à l’expérience esthétique pour tous, racontable par chacun

Est-ce qu’un État peut encore inventer en matière culturelle ? Le 15 septembre 2016, 574 593 Italiens nés en 1998 se sont vu ouvrir la possibilité de recevoir 500 euros de bonus culturel. Cette mesure, selon laquelle « pour chaque euro investi dans la sécurité, il doit y avoir un euro en plus investi dans la culture », a été présentée comme exceptionnelle pour la jeunesse et pour son pays par le chef du gouvernement, Matteo Renzi. L’art constituant un lien patriotique en Italie, cette mesure traduisait l’espoir de voir toute une génération se construire et se reconstruire autour d’une identité nationale forgée dans l’espace d’une culture positive, commune et partagée…
Qu’en est-il en France ? Notre État peut-il prendre une mesure forte ? Pas si simple : tout dépend du politique en place, soumis à des pressions et des procès en légitimité « culturelle ». Mais au fond, comment les Français se représentent-ils la culture dans leur vie ? La réponse passe évidemment par l’éducation artistique et culturelle, qui peut et doit se réinventer comme un droit opposable pour former les publics de demain.

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par Joëlle Zask
De la démocratisation à la démocratie culturelle

La « culture » implique de cultiver, culturer, faire pousser, grandir. Or, l’individu ne « pousse » pas s’il n’est pas « cultivé » par son environnement et s’il ne participe pas activement à sa « croissance ». La culture est donc une question de relation, et même d’interaction, entre l’individuel et le social. Elle est vivante (Malinowski), vraie (Sapir) ou démocratique, commune et partagée (Dewey) si elle assure la réciprocité entre le développement de l’individualité et celui de la vie commune. Cette conception de la culture fausse la route à d’autres notions que nous écarterons, non seulement parce qu’elles sont inexactes et unilatérales, mais aussi parce qu’elles débouchent sur des politiques culturelles boiteuses, fondamentalement anti- ou non démocratiques.

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Lettre sur l'éducation aux Princes d'aujourd'hui
Comment éclairer les Princes d’aujourd’hui, leur faire comprendre la nécessité de l’éducation esthétique pour asseoir la démocratie et la citoyenneté ?

En 1795, le dramaturge, poète et philosophe Friedrich von Schiller adressait au duc Chrétien-Frédéric de Holstein-Augustenbourg ses Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme. Elles inscrivaient la nécessité de l’art et de l’esthétique au cœur de l’humanisme à l’âge démocratique. La beauté, déclarait-il, est le chemin de la liberté ; si vous voulez que règne la liberté, vous devez suivre la voie esthétique ; celle du théâtre, celle des beaux-arts. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le message de Schiller demeure d’une grande actualité : une nouvelle et nécessaire étape de la démocratisation dans le domaine de l’art et de la culture passe par l’accès de tous à l’expérience esthétique, comme expérience humaine fondamentale et fondatrice. En se référant à la conception de l’expérience esthétique développée par John Dewey et en appui sur l’analyse du travail et de l’apport des artistes engagés dans la tâche éducative, cet article s’efforce de relancer le geste de Schiller et d’en montrer l’actualité.


Alain Kerlan pour Nectart#2 par editionsattribut

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Une politique culturelle basée sur l’offre ou sur la demande ?
L’offre artistique porte une ambition démocratique !

La politique culturelle de la France, fondée sur une offre essentiellement artistique, construite par des professionnels qualifiés mobilisant des artistes talentueux reconnus comme tels par leurs pairs et les experts, a toujours porté l’ambition démocratique d’un accès à la connaissance, à l’expérience esthétique, à l’émotion, au développement d’un imaginaire collectif à partir de références partagées par la plupart de ses habitants. Il est aujourd’hui de bon ton d’opposer à l’offre publique la main invisible d’un marché prétendument libertaire, promotrice de l’avènement d’une « demande » entretenue par les réseaux sociaux. Il s’agit avant tout de deux conceptions opposées de la démocratie.

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