par Bertrand Naivin
Le numérique a-t-il déjà modifié notre être ?

Nous passons notre existence devant des écrans. Mais de notre smartphone à notre ordinateur, ceux-ci ne nous laissent pas passifs comme pouvait le faire la vitre de notre téléviseur. D’un simple glissement du doigt, nous pouvons à présent faire nos courses, échanger avec nos proches, nous engager dans une cause, participer à des débats publics, nous exprimer sur ce qui nous bouleverse ou nous choque, manœuvrer à distance toutes sortes d’objets… De sorte que l’existence s’est muée en une « tech-sistence ». La technologie nous accompagne en effet dans chacun de nos gestes, chacune de nos actions, à tel point que nous ne savons plus vivre les événements (intimes ou publics, modestes ou grandioses) sans ressentir la nécessité de les enregistrer et de les « poster » sur les réseaux sociaux, de les envoyer par mail ou MMS. Nous agissons, voyons et pensons via notre smartphone. Mais si ces nouveaux « médiatisants ouverts » que sont nos téléphones intelligents nous permettent ainsi de rendre toujours plus efficaces et plus rapides nos tâches et relations, ils contrarient notre être-là par un être-ailleurs, et inaugurent un ethos-cabine : la volonté de participer au monde tout en restant à l’abri derrière la vitre de son mobile. De sorte que si nous « surfons » sur Internet tout en dînant en famille, où sommes-nous vraiment ?

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par Emily Lecourtois et Steven Hearn
Entrepreneuriat culturel : pour un nouvel imaginaire

Plus d’un an après le rapport sur l’entrepreneuriat culturel, force est de constater que la notion suscite encore beaucoup de débats en France. On y confond à dessein la structuration juridique et l’éthique. D’un côté, l’intérêt général attribué aux associations et coopératives ; de l’autre, l’inconséquence et la seule recherche de profit à l’entreprise commerciale. À l’aube de cette ère numérique, les choses sont plus nuancées et cette vision binaire masque les véritables enjeux. En premier lieu, de quelle économie parle-t-on ? Peut-on seulement l’aborder sous l’angle financier alors que tout l’enjeu est d’en mesurer la valeur (humaine, sociale, environnementale) ? Ensuite, où se place la responsabilité de l’entrepreneur et de l’acteur culturel ? N’y a-t-il pas nécessité de repenser les modèles, de s’adapter à une nouvelle économie et dans un monde en mutation ? Peut-on continuer de fonctionner en opposition, à l’heure où tout le monde ne parle que d’écosystème ? Quelles alternatives et quelles perspectives offre-t-on aux jeunes générations avec la captation et le tarissement des financements publics ? Que leur transmet-on ?

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Netflix, Deezer, Spotify, Amazon... sont-ils en train de bouleverser notre relation à la musique, au cinéma et aux livres ?
L’accès illimité ou l’impossession culturelle ?

Unlimited ! Débits, appels, métro, vélo, piscine, remontées mécaniques, SMS, trains, yoga, musique, cinéma en salle et en ligne, théâtre, et puis… tout. Souvenirs de bibliothèques : l’accès… mais sans gratuité et sans public. Livres, musique, films, jeux…, ces biens durables ne font plus capital, accumulé, valorisé… culturel. Ils sont usus, possession en location, droits d’accès, à l’abonnement, au forfait illimité. Le régime économique du numérique n’est pas seulement une grande déflation dont le forfait illimité est le signe. Son marketing de satiété dénote l’appétit culturel autant que la désaffection culturelle.

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