par Philippe Chantepie et Jean-Baptiste Soufron
La régulation des géants du Net : horizon ou mirage ?

Elles dominent le monde numérique. Elles rencontrent le succès auprès du public et des entreprises. Elles nous divertissent de musiques et vidéos, de textes parfois encore. Elles satisfont instantanément notre curiosité. Elles nous facilitent quotidiennement la vie. Elles embrassent et calculent nos sociabilités. Elles traduisent et valorisent nos réseaux professionnels. Elles concourent à nos relations amoureuses et nos conquêtes sexuelles. Elles guident nos pas et accompagnent nos déplacements. Elles dessinent nos désirs et anticipent nos besoins. Elles veillent déjà à notre sommeil et se soucient de notre santé… En à peine plus de dix ans, en misant sur l’innovation et sur le développement de nouveaux usages, les plates-formes numériques ont acquis vis-à-vis des hommes ce « pouvoir absolu » dont parlait Tocqueville. Elles ont pour elles l’innovation, l’agilité, la modernité, l’efficacité, l’utilité. Et depuis, avec une admirable constance, États, lois et droits paraissent absents, interdits, sidérés. Ils semblent sortir de leur torpeur ces derniers mois seulement, en raison de l’érosion de la base fiscale imposable, et entendent vouloir une « régulation des plates-formes ». Laquelle ? Lesquelles ? Dans quel but ? Pour en contrôler les usages ? Les acteurs ? Avec quelle vigueur ? Et à quel tempo ? Nul ne le sait, tandis que la domination libre des plates-formes travaille sans relâche à l’« ubérisation » de la société.

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Le livre numérique peut-il supplanter le livre papier ?
Le livre va-t-il lui aussi basculer dans un nouveau modèle ?

Contrairement aux États-Unis où il atteint 30 % du marché du livre, le livre numérique peine à décoller dans notre pays, atteignant en 2015 une part de 4 % environ. Pourtant, de nombreuses interrogations entourent l’avènement du numérique : Va-t-on subir une chute du chiffre d’affaires, à l’instar de ce qui s’est produit dans d’autres secteurs culturels ? Les libraires pourront-ils résister au grignotage d’une part de leur marché, alors que leur marge est déjà dérisoire ? Va-t-on vers une disruption des chaînes de valeur, qui se traduirait par la disparition de certains maillons, le brouillage des frontières entre les fonctions (création-diffusion-consommation), et des stratégies de désintermédiation ?

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